A vibrant dish of fusilli pasta tossed in green pesto and topped with creamy burrata cheese and roasted cherry tomatoes.

S’entraîner à jeun

Ce qui change vraiment, ce qui ne change pas et ce que vous risquez

Graisse, poids, force et os: les chiffres derrière l’entraînement à jeun

Ici la carbophobie s'est déguisée en méthode d'entraînement — et pour une fois les chiffres sont si petits qu'on peut les compter à la main.

S'entraîner à jeun ne fait pas maigrir davantage et n'améliore pas la performance. En une seule séance à jeun, la graisse oxydée en plus est d'environ 3 grammes, soit moins de trente calories. Sur la performance, la règle est la durée : au-delà d'une heure, manger avant aide ; en dessous, la différence ne se voit pas. Sur les poids, les études ne trouvent pas de différences de force ni de masse musculaire. Reste un chiffre que personne ne cite : chez les athlètes d'endurance qui s'entraînent à jeun, les lésions osseuses sont plus fréquentes.

Dans les lignes qui suivent : la différence entre le jeûne des réseaux et la périodisation des glucides que les vrais athlètes utilisent, pourquoi l'histoire du cortisol qui mange vos muscles n'est qu'un conte, et ce que disent vraiment les recherches.

A top-down view of a vibrant pasta dish topped with chopped nuts, diced vegetables, and a fresh basil leaf.

Le glycogène n'est pas un luxe à s'accorder : c'est le réservoir. Vous pouvez partir avec le voyant allumé, mais ne l'appelez pas entraînement intelligent.

 

Combien de graisse en plus vous brûlez à jeun

Environ trois grammes par séance — et c'est tout.

La mesure la plus précise vient de Vieira (pas le footballeur !) et collègues, British Journal of Nutrition 2016 : revue systématique avec méta-analyse. Sur 27 études et 273 adultes, l'exercice aérobie à jeun oxyde 3,08 grammes de graisse de plus par séance [Vieira 2016 [1]].

Trois grammes de graisse valent moins de trente calories : ce que vous déplacez en mangeant deux amandes de moins. Sur un bilan de 2000 calories, c'est du bruit de fond.

Les auteurs déclarent un biais de publication ; les 3,08 g sont déjà l'estimation corrigée.

S'entraîner à jeun fait-il maigrir davantage ?

Non — et deux types de preuves disent la même chose.

Hackett et Hagstrom (2017) : l'exercice à jeun n'augmente pas la perte de poids ni de masse grasse [Hackett 2017 [2]]. Schoenfeld et al. (2014) : même régime hypocalorique, aucune différence entre jeûne et repas [Schoenfeld 2014 [3]].

Frampton et al. (2022) : à jeun on mange moins ensuite, mais on dépense aussi moins d'énergie et on a plus faim [Frampton 2022 [4]].

Pour le poids, le levier est ailleurs : pasta a dieta et la pasta fa ingrassare.

A group of runners jogs together along a paved path at night under street lighting.

Jeûne et performance : la durée de la séance compte

Au-delà d'une heure, manger avant se sent. En dessous, non.

Aird, Davies et Carson (2018) : 46 études. Le repas avant améliore la performance aérobie prolongée ; sur les séances courtes, pas de différence [Aird 2018 [5]].

 

Durée et type de séanceLe repas avant change-t-il quelque chose ?
Moins de 60 minutes à intensité modéréeNon, en général non mesurable
Plus de 60 minutes de travail aérobieOui, la performance est meilleure
Séances de forceAucune différence sur les adaptations
Sprints et efforts maximaux courtsAucune différence sur les adaptations

 

En pratique : quarante minutes de footing à jeun ne coûtent rien ; quatre-vingt-dix minutes, le petit-déjeuner fait partie de la séance. Voir quoi manger avant de courir.

La crainte que les sucres dans l'heure avant provoquent une hypoglycémie est un mythe non fondé selon Mata et al. (2019) [Mata 2019 [6]].

Musculation à jeun

Aucune différence sur force et masse musculaire — mais la base de preuves est petite.

Vieira et al. (2025) : première méta-analyse sur la musculation à jeun. Pas de différences sur masse maigre, hypertrophie ou force ; un petit avantage graisse que les auteurs eux-mêmes affaiblissent [Vieira 2025 [7]].

Leur ECR (2025) : douze semaines, 28 jeunes. Épaisseur du quadricipite +1,21 cm à jeun vs +1,18 cm nourri : chiffres superposables [Vieira RCT 2025 [8]].

Au-delà d'un seuil le carburant recompte. Cholewa et al. (2019) [Cholewa 2019 [9]]. Voir alimentation salle.

« Train low » : la périodisation des glucides n'est pas sauter le petit-déjeuner

Les athlètes qui s'entraînent avec peu de réserves ne jeûnent pas au hasard : ils déplacent les glucides dans la journée, sans réduire le total.

Impey et al. (2018) : chaîne en quatre étapes :

 

1. Le muscle détecte le manque de carburant et envoie un signal ;
2. Le signal allume les gènes du métabolisme aérobie ;
3. Les gènes font croître les enzymes qui produisent l'énergie ;
4. Les enzymes vous font aller plus fort.

 

Les trois premiers tiennent. Le dernier non : 37% d'amélioration, 63% sans changement [Impey 2018 [10]].

Marquet et al. (2016) : les deux groupes mangeaient 6 g de glucides/kg/jour [Marquet 2016 [11]].

Pourquoi le signal moléculaire ne devient pas performance

Burke et al. (2020) : groupe cétogène 2,3% plus lent sur 10 000 m [Burke 2020 [12]].

Combien d'athlètes s'entraînent à jeun — et pourquoi

Bien plus que la littérature ne justifie.

Rothschild et al. (2020) : sur 1950 athlètes d'endurance, 62,9% s'entraînent à jeun au moins parfois [Rothschild 2020 [13]].

Estomac rebelle et réveil à six heures : seules motivations défendables. Pour brûler plus de graisse, vous échangez de l'énergie contre trois grammes.

Le risque dont on ne parle pas : les os

Le chiffre le plus récent — et le moins cité.

Raleigh et al. (2024) : entraînement à jeun actuel associé à 1,61× plus de lésions osseuses [Raleigh 2024 [14]]. Un footing de 30 minutes au parc peut rester fine à jeun.

Pas de cause-effet. Contexte : faible disponibilité énergétique — consensus CIO REDs 2023 [CIO REDs 2023 [15]].

Le cortisol qui mange vos muscles : la source qui n'existe pas

Ici on démonte quelque chose — avec précision.

Areta, Taylor et Koehler (2021) : le cortisol monte dans la faible disponibilité énergétique chronique liée à l'exercice ; la seule restriction alimentaire ne suffit pas [Areta 2021 [16]].

Le passage CREA sur l'« auto-cannibalisme » concerne le jeûne total prolongé sur plusieurs jours [CREA 2018 [17]].

Le cortisol de l'entraînement à jeun n'est pas une donnée, c'est une figure de rhétorique.

Quand s'entraîner à jeun n'est pas une bonne idée

Diabète, glycémie altérée, trouble du comportement alimentaire ou parcours d'amaigrissement suivi : l'entraînement à jeun se discute avec votre médecin.

L'ISS définit l'hypoglycémie sous 70 mg/dL après huit heures de jeûne [ISS hypoglycémie [18]].

Si le problème est l'inverse — dîner encore dans l'estomac — voir entraînement après dîner.

Pourquoi une assiette de pâtes est le repas pré-entraînement le plus facile à doser

Relisez les exigences : beaucoup de glucides, peu de graisses, peu de fibres insolubles, digestible, quantifiable, trois heures avant. C'est la carte d'identité d'une assiette de pâtes.

Avantage pratique : les pâtes se pèsent. Une assiette de spaghetti miscusi : 86 g de glucides [données miscusi [19]] — 1,2 g/kg pour 70 kg.

Notre Superpasta : fraîche, sans œuf, semoules bio Kronos et grains anciens Perciasacchi. Semoule aux légumineuses : plus de 17 g de protéines [19].

Chez miscusi l'énergie n'est pas optionnelle

Notre lecture : quand vous vous entraînez sérieusement, le carburant n'est pas la variable à couper, c'est celle sur laquelle compter.

Nos ambassadeurs Power of Carbs n'ont jamais arrêté les glucides pour aller plus fort. Réservez votre place au miscusi le plus proche.

Les réponses rapides (FAQ)

S'entraîner à jeun brûle-t-il plus de graisses ?

Oui, mais très peu : environ 3 grammes de plus par séance selon Vieira et al. 2016 — moins de trente calories. La perte de graisse sur le mois dépend du bilan des journées entières.

 

S'entraîner à jeun fait-il maigrir ?

Pas plus qu'après avoir mangé. Même régime et même entraînement : résultats superposables, et plus de faim ensuite.

 

Mieux vaut-il s'entraîner à jeun ou après avoir mangé ?

Selon la durée. Au-delà de soixante minutes d'aérobie, manger avant aide ; en dessous, pas de différence mesurée. Poids et sprints : mêmes adaptations.

 

S'entraîner à jeun fait-il perdre du muscle ?

Les ECR sur la musculation ne le montrent pas. La perte de masse maigre suit le déficit énergétique chronique, pas l'heure du petit-déjeuner.

 

Le jeûne élève-t-il le cortisol ?

Le cortisol monte dans la faible disponibilité énergétique chronique liée à l'exercice ; sauter le petit-déjeuner avant une séance ne suffit pas de façon documentée.

 

Qui ne devrait pas s'entraîner à jeun ?

Diabète ou glycémie altérée, trouble du comportement alimentaire, volume d'entraînement élevé avec déficit. À discuter avec son médecin.

 

Que signifie « train low » ?

S'entraîner avec peu de glucides sur certaines séances sans réduire le total journalier — environ 6 g/kg/jour dans les protocoles étudiés.

Sources

 

1. Vieira AF, Costa RR, Macedo RC, Coconcelli L, Kruel LF, Effects of aerobic exercise performed in fasted v. fed state on fat and carbohydrate metabolism in adults: a systematic review and meta-analysis, British Journal of Nutrition, 2016. https://doi.org/10.1017/S0007114516003160
2. Hackett D, Hagstrom AD, Effect of Overnight Fasted Exercise on Weight Loss and Body Composition, Journal of Functional Morphology and Kinesiology, 2017. https://www.mdpi.com/2411-5142/2/4/43
3. Schoenfeld BJ, Aragon AA, Wilborn CD, Krieger JW, Sonmez GT, Body composition changes associated with fasted versus non-fasted aerobic exercise, Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2014. https://doi.org/10.1186/s12970-014-0054-7
4. Frampton J, Edinburgh RM, Ogden HB, Gonzalez JT, Chambers ES, The acute effect of fasted exercise on energy intake, energy expenditure, subjective hunger and gastrointestinal hormone release, International Journal of Obesity, 2022. https://doi.org/10.1038/s41366-021-00993-1
5. Aird TP, Davies RW, Carson BP, Effects of fasted vs fed-state exercise on performance and post-exercise metabolism, Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports, 2018. https://doi.org/10.1111/sms.13054
6. Mata F, Valenzuela PL, Gimenez J et al., Carbohydrate Availability and Physical Performance, Nutrients, 2019. https://doi.org/10.3390/nu11051084
7. Vieira AF, Blanco-Rambo E, Macedo RCO, Cadore EL, Resistance training performed in the fasted state compared to the fed state on body composition and strength in adults, Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2025. https://doi.org/10.1016/j.jbmt.2025.08.003
8. Vieira AF, Blanco-Rambo E, Bandeira-Guimarães M et al., Impact of Overnight Fasted State Versus Fed State on Adaptations to Resistance Training: A Randomized Clinical Trial, International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2025. https://doi.org/10.1123/ijsnem.2024-0215
9. Cholewa JM, Newmire DE, Zanchi NE, Carbohydrate restriction: Friend or foe of resistance-based exercise performance?, Nutrition, 2019. https://doi.org/10.1016/j.nut.2018.09.026
10. Impey SG, Hearris MA, Hammond KM et al., Fuel for the Work Required: A Theoretical Framework for Carbohydrate Periodization and the Glycogen Threshold Hypothesis, Sports Medicine, 2018. https://link.springer.com/article/10.1007/s40279-018-0867-7
11. Marquet LA, Brisswalter J, Louis J et al., Enhanced Endurance Performance by Periodization of Carbohydrate Intake: "Sleep Low" Strategy, Medicine and Science in Sports and Exercise, 2016. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000000823
12. Burke LM, Sharma AP, Heikura IA et al., Impairment of exercise economy and performance in elite race walkers by ketogenic low carbohydrate, high fat diet is reproducible, PLoS One, 2020. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0234027
13. Rothschild JA, Kilding AE, Plews DJ, Prevalence and Determinants of Fasted Training in Endurance Athletes: A Survey Analysis, International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2020. https://doi.org/10.1123/ijsnem.2020-0109
14. Raleigh C, Madigan S, Sinnott-O'Connor C, Sale C, Norton C, Carson BP, Prevalence of reducing carbohydrate intake and fasted training in elite endurance athletes and association with bone injury, European Journal of Sport Science, 2024. https://doi.org/10.1002/ejsc.12170
15. Mountjoy M, Ackerman KE, Bailey DM et al., 2023 International Olympic Committee's consensus statement on Relative Energy Deficiency in Sport (REDs), British Journal of Sports Medicine, 2023. https://doi.org/10.1136/bjsports-2023-106994
16. Areta JL, Taylor HL, Koehler K, Low energy availability: history, definition and evidence of its endocrine, metabolic and physiological effects, European Journal of Applied Physiology, 2021. https://doi.org/10.1007/s00421-020-04516-0
17. CREA, Linee guida per una sana alimentazione, revisione 2018, capitolo sull'alimentazione dello sportivo. Pagina ufficiale https://www.crea.gov.it/en/web/alimenti-e-nutrizione/-/linee-guida-per-una-sana-alimentazione-2018 e testo integrale https://www.crea.gov.it/documents/59764/0/LINEE-GUIDA+DEFINITIVO.pdf
18. Istituto Superiore di Sanità, ISSalute, Ipoglicemia (glicemia bassa). https://www.issalute.it/index.php/la-salute-dalla-a-alla-z-menu/i/ipoglicemia
19. miscusi, analisi nutrizionale interna del menu, 2026